Le débat sur la drogue
Afin de mieux comprendre et d'observer les effets du LSD, trois volontaires acceptent d’en...
Au début des années 70 et avec l’émergence d’une population jeune de plus en plus marginalisée, la...
Dans les premières semaines qui suivent le Nouvel-An de 1991, six toxicomanes décèdent à Zurich. Au...
Des toxicomanes devant le Palais fédéral
Après l’évacuation par la police bernoise de la scène ouverte de la drogue de la «kleine Schanze» à ...
De l'héroïne sur prescription médicale
En 1992, le Conseil fédéral autorise les premières expériences limitées de distribution d'héroïne...
A la fin des années 80, les scènes ouvertes de la drogue font leur apparition dans quelques grandes...
Minidocumentaire sur les derniers jours qui ont précédé la fermeture de la scène ouverte du Letten...
Le tourisme de la drogue à Bâle
En raison des politiques répressives menées au sud de l’Allemagne et en Alsace, le nombre de...
Réduire les méfaits et les coûts indirects des drogues
durée: [01'37''] TSR: TéléjournalPortrait de l'une des 1300 toxicomanes au bénéfice d'une prescription médicale d’héroïne. Les...
Albert Hofmann, le père de la révolution psychédélique
durée: [01'59''] TSI: Telegiornale 20En 1943, un jeune chimiste employé par l'entreprise Sandoz à Bâle découvre un peu par hasard le...
Contexte
A la fin des années 80, l’héroïne règne en maître dans la plupart des villes suisses. Pour contrer la suprématie des dealers et la propagation exponentielle du SIDA liée à l’usage de la drogue, les autorités de Zurich et d’autres villes acceptent les «scènes ouvertes» où les toxicomanes peuvent s’injecter de la marchandise «sûre» dans des conditions hygiéniques acceptables et sous surveillance sanitaire. Au bord de la Limmat, le Platzspitz (1989-1991) puis la gare désaffectée de Letten (1991-1992), en plein centre de Zurich (district 5) deviennent des marchés ouverts de la drogue dans lesquels il est courant d’assister à des rixes ou voir des jeunes mourir, l’aiguille encore plantée dans le bras.
La situation devient très rapidement insoutenable et, en 1992, la Confédération adopte la politique des quatre piliers: prévention, thérapie, réduction des risques et répression. Les «scènes ouvertes» sont évacuées. L’Etat commence la distribution sous contrôle médical d’héroïne et de méthadone. Pendant ce temps, d’autres drogues arrivent.
L’ecstasy fait son entrée en Suisse sur les rythmes techno des rave party, tandis que le cannabis, qui rencontre un regain d’intérêt particulièrement fort chez la nouvelle génération, semble s’être trouvé une nouvelle patrie.
La consommation et surtout la production du chanvre explosent à l’aube du nouveau millénaire. Tirant profit de certaines lacunes évidentes dans la législation helvétique sur les stupéfiants les boutiques qui vendent les petits «sachets parfumés» prolifèrent dans les zones frontalières. Le Tessin, dont l’agriculture s’est vivement intéressée au cannabis, est confronté à un flux important de «narcotouristes» italiens. En 2003, l’opération INDOOR du ministère public tessinois, imitée par d’autres polices cantonales, met fin au business de «l’or vert».
Cependant, la prohibition du cannabis entraîne la baisse du prix de la cocaïne. La «poudre blanche», symbole de la jeunesse dorée des années 70 et 80 devient accessible aux classes moins favorisées. L’âge des consommateurs descend au dessous du seuil des trente ans.
La distribution d’héroïne par l’Etat et la tolérance répétée à l’égard de la production du cannabis ont suscité de nombreuses critiques à l’étranger, en particulier de la part de l’Organisation mondiale de la santé, mais aussi quelques réactions enthousiastes auprès des partisans d’une politique progressiste s’inspirant du modèle hollandais. Entre les censeurs de «l’Etat trafiquant» et les adeptes de la dépénalisation des drogues douces, le fossé idéologique semble infranchissable.




