Le climat en danger
L'hiver 1964, particulièrement clément et sans neige, inquiète les professionnels du tourisme et...
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Durant le mois d'août 2003, l'Europe occidentale est frappée d'une vague de chaleur exceptionnelle....
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Contexte
Qu'il semble lointain le temps où un glaciologue pouvait encore raisonnablement parler d'un «refroidissement général du climat»! Au cours des vingt dernières années, c'est à une conclusion exactement inverse que sont peu à peu parvenus les climatologues. Mais même avéré, le phénomène du réchauffement climatique a longtemps divisé la communauté scientifique, ainsi que les instances politiques, sur un point: le rôle de l'activité humaine, essentiel ou négligeable dans les bouleversements du climat...
L'étude du climat a très tôt occupé les scientifiques suisses. A la fin du XIXème siècle, le savant et pionnier genevois Louis Agassiz jetait les bases de la glaciologie. Ses successeurs se sont surtout distingués en paléoclimatologie, dont l'objectif est de reconstituer les climats du passé, notamment par l'étude des glaciers. Au cours des années 80, des expéditions suisses furent menées à ce titre au Groenland et jusqu'en Antarctique pour mettre en évidences les fluctuations naturelles du climat. Depuis les années 90, la recherche suisse s'est profilée aussi dans la modélisation numérique et la simulation de l'évolution future du climat.
L'année 1990 a agi, en Suisse comme ailleurs, comme un véritable révélateur des questions climatiques dans la sphère publique. Tour à tour, un hiver sans neige et une sécheresse estivale exceptionnelle dans le sud de l'Europe ont fait naître les inquiétudes. Les médias se sont chargés de vulgariser le fameux «effet de serre». La même année, la seconde Conférence mondiale sur le climat de Genève jetait les bases d'une conscience écologique mondiale.
Principale raison de l'inquiétude en Suisse: le tourisme. En 1964 déjà , alors que le réchauffement de la planète n'était même pas une hypothèse, les professionnels du ski s'alarmaient d'un hiver sans neige. Le phénomène est devenu récurrent au cours des années 90 et désormais c'est toute l'industrie du tourisme hivernal qui se trouve menacée de disparition à moyen terme.
S'il y a en Suisse une conscience plus aigüe qu'ailleurs des problèmes liés au climat, c'est aussi parce que notre écosystème alpin est l'une des régions au monde les plus sensibles au réchauffement global. Fonte des glaciers, dégel du permafrost et glissements géologiques en sont les manifestations les plus évidentes et, incidemment, autant de coups portés à l'un de nos mythes nationaux: autrefois figure protectrice et maternelle, la montagne s'est muée de plus en plus fréquemment en furie destructrice. Blessés dans leur identité par le réchauffement climatique, les Suisses sont parfois amenés à des gestes étonnants, à l'instar de la tentative conduite à Andermatt en 2005 d'emballer un glacier pour le protéger de la chaleur.




