La formule magique
L'avènement de la formule magique
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Contexte
Lors de l'élection du nouveau Conseil fédéral en décembre 1959, quatre sièges étaient à repourvoir. Sous l’impulsion des conservateurs chrétiens-sociaux (aujourd’hui PDC), la répartition suivante fut adoptée: deux sièges aux radicaux, au PDC et aux socialistes et un au parti agrarien (aujourd’hui UDC).
Dans la phase préparatoire de l'élection, la presse suisse alémanique a lancé l'expression de «Zauberformel» à propos d'une répartition censée mettre tout le monde d'accord. En Suisse romande également, le terme de «formule magique» s’est imposé. Erigée depuis lors en quasi-institution, mais sans aucun ancrage dans la loi, la formule magique a permis au PS de s’intégrer durablement au sein du gouvernement, où il n’était plus représenté depuis 1953.
La participation du PS fut cependant plusieurs fois remise en question, soit par le parti lui-même lors de la non-élection de leurs propres candidates (Lilian Uchtenhagen en 1983, Christiane Brunner en 1993), soit par les partis bourgeois qui reprochaient aux PS de trop souvent s’éloigner de la recherche du consensus.
Avec la percée de l’UDC dans les années 90 et son implantation comme le parti le plus fort (1999), la formule magique n’a plus reflété réellement les rapports de force des dernières élections. Après plusieurs tentatives échouées pour rompre la formule, l’élection du 10 décembre 2003 a modifié la répartition des sièges au gouvernement, l'UDC obtenant un deuxième siège au détriment du PDC, placé au quatrième rang des partis politique. Cette modification a été rendue possible par un événement extrêmement rare, la non-réélection d’un membre du Conseil fédéral candidat à sa succession (Ruth Metzler-Arnold).
Régulièrement critiquée et remise en question, la formule magique n'en a pas moins été considérée comme un élément fondamental de la démocratie de concordance. Elle a constitué un système de répartition garantissant la représentation des plus importantes forces sociales capables de lancer un référendum au sein du gouvernement. Avec pour objectif de réunir un large consensus dans les décisions politiques, le soi-disant «bon compromis suisse».




